Partager l'article ! Les pépites de l'or gris... ou quand le maire d’Obernai souhaite favoriser une entreprise privée: En réponse à l’article des DNA 09/02/20 ...
En réponse à l’article des DNA 09/02/2010, dans lequel Bernard Fischer se félicite de l’implantation d’un EHPAD (établissement hospitalier pour personnes âgées dépendantes)
privé accueillant des personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer, le groupe Mieux Vivre Obernai regrette que le maire n’ait pas fait le choix d’un établissement public géré par le
CCAS (centre communal d’action sociale).
Pourtant des communes ont fait le choix du service public, comme à Scherwiller où un EHPAD est en train de voir le jour après 8 ans de travaux menés par l’équipe municipale. Dans ce cas, la commune en conserve la gestion, ainsi que la maîtrise des tarifs.
Bernard Fischer a préféré le choix de la facilité et de la politique libérale menée par son groupe politique qui consiste à vendre des terrains à une société privée pour construire un EHPAD avec des subventions publiques. Et dans ce cas, pas de maîtrise des tarifs, ni du mode de gestion par la commune.
Le maire se veut rassurant en matière de tarifs. Mais nous sommes en droit d’être inquiets, sachant que le prix chez Medica d’un séjour en maison de retraite est de 2200 euros par mois, et qu’un séjour pour soins Alzheimer dans ce type d'établissement coûte nettement plus cher.
Bernard Ficher a présenté cette entreprise comme une société sérieuse. Il a parfaitement raison, mais c’est surtout la gestion qui est sérieuse. Le groupe Medica vient de faire son entrée en bourse le 09 février 2010, et appartient à hauteur de 47% au fond de pension TBU-3 International Société. Sur le site de la société, on peut lire : Medica souhaite poursuivre une politique de croissance externe ciblée, afin d’accroître sa présence dans des zones à forte densité démographique et à fort revenu. Elle réalise un chiffre d’affaires de 480 millions d’€ en 2009 et espère une croissance annuelle de 13%. Medica est bien positionnée pour tirer parti d’un marché porteur, par un système d’autorisation préalable d’exploitation qui constitue une véritable barrière à l’entrée pour de nouveaux intervenants !
La ville d’Obernai répond parfaitement aux exigences de ce groupe.
Malheureusement, comme le souligne Bernard Fischer, l’établissement ne jouera pas dans la catégorie haut de gamme (rentabilité oblige pour une société à but hautement lucratif). En effet, Medica ne souhaite investir que 10 millions d’€ pour 84 lits et 20 logements de personnels, alors que Sherwiller a investi la somme de 7,7 millions d’€ pour seulement 46 lits. Il est clair que les prestations ne seront pas les mêmes !
Dans un service privé, le malade est un client qui doit rapporter de l’argent aux actionnaires.
Pour le service public, le malade est un patient qui doit être soigné !
Cet EHPAD est destiné à une faible partie de la population obernoise, fortunée, et empêchera (par mesure protectionniste) la création d’un EHPAD public accessible à tous.
Il n’y a donc aucune raison de se réjouir de l’ouverture de cette structure privée à but hautement lucratif.
Bernard Fischer ne fait que céder aux pressions de MEDICA qui veut s’implanter dans un secteur répondant à ses exigences et dont il aura le monopole, Obernai est bien parti pour les y aider.
« La vieillesse est un naufrage », disait le général de Gaulle, et les actionnaires sont là pour s’en repartir les bénéfices !
Le vieillissement de la population fait apparaître de nouveaux besoins et émerger des marchés dont les potentiels de croissance seront réguliers et solides. Dans un environnement économique et boursier agité, les valeurs de l’«or gris», qui ont subi des prises de bénéfice ces trois derniers mois, devraient retrouver leur statut de valeurs refuges incontestables.
Jean-Yves HODE